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2006-10-30 10:19:41 : "J'ai dix ans"

"Je sais que c'est pas vrai
Mais j'ai 10 ans..." (*)

Où en étais-je ?, ah oui, le portail fermé, le rideau baissé…

Tout était comme avant, pourtant un détail attire mon regard. Ce fameux portail, naguère ouvert, même le dimanche, est aujourd’hui définitivement clos. L’épicerie a fermé ces portes.
Et oui, c’est là sur le chemin de l’école que nous nous arrêtions pour acheter des bonbons. Nous étions riches avec nos poches remplies de pièces jaunes récupérées sur un canapé ou sur la monnaie des courses. En même temps, sans le savoir, nous révisions nos additions et nos tables de multiplications (alors j’ai 1 franc, si j’achète 3 fraises à 10 centimes et 2 réglisses à 20 centimes, etc…) .
Le départ pour le grand huit temporel est donné. Chaque pas est matière à souvenir.
Quelques dizaines de mètres plus loin, j’aperçois la maison du curé avec son fameux jardin. M’en voudrait-il aujourd’hui de ne plus croire au Père Noël des grands au point d’avoir renié mon baptême?
Je tombe au détour d’une rue sur le château, immense et mystérieux jadis. Le bruit court dans nos têtes blondes que la sombre demeure est hantée ou gardée par un monstre venu d’Afrique. Le mur d’enceinte est-il là pour nous empêcher d’y pénétrer ou pour nous protéger du monstre ? De toute façon, nous n’osons même pas nous aventurer devant le portail géant barrant l’entrée, la traversée de la rue est alors tabou.
Aujourd’hui, je passe devant sans peur. Je n’ai plus le temps de m’inventer des histoires de gamin. Le seul monstre à affronter, dorénavant, est le chronomètre.
D’ailleurs, j’approche du départ, mon ouie ne me trompe pas, j’entend le speaker annonçant les heures des prochaines épreuves et quelques vieux tubes dépoussiérés à la sauce techno.


(*) "J'ai dix ans" Alain Souchon (1974)

Les réactions

Par mielou, le 2006-10-30 15:03:34
sur l'air d'alain
et cet endroit fascinant et forcément interdit de notre enfance
puis la sono à fond et les tubes magiques
que du bonheur !

Par Steph, le 2006-10-30 17:40:11
Moi c'était une vieille cabane sur une colline habitée par un vieux clochard méchant. J'ai retrouvé un peu la même histoire dans Tom Sawyer quand je l'ai lu bien plus tard. Peu de choses changent pour les enfants.

Par Le Cri de la Carotte, le 2006-10-31 07:58:16
Et oui, Mielou, le coffre à jouets s'est définitivement refermé sur notre enfance. Quoique? Il est pas interdit de jouer à être un gamin (le dimanche matin en short les jambes au frais).

En effet, Steph, les histoires de gosses sont toujours peuplées de monstres (gentils?). C'est sans doute "Ca" de Stephen King (que je suis en train de dévorer) qui m'y a fait penser.

Par fils du vent, le 2006-11-01 09:11:09
tu as réussi en quelques années à vaincre ta peur du portail d'entrée.
Fantastique.

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Les 5 billets précédents

2006-10-27 14:07:56 : Quand la course à pied explore le temps... - 0 photo - 9 réactions

Dimanche dernier, en me rendant sur le départ de la course, je me suis fait happer par la spirale du temps.
Il semblerait que ce curieux phénomène touche de temps en temps quelques capistes…
Dimanche donc, je participais à une course organisée depuis 22 ans dans le village de mon enfance. Et c'est en cheminant à travers le bourg, que cela s'est produit.
L'endroit où c'est arrivé, est bien révélateur.
Cela aurait pu être n'importe où, mais non, ma madeleine est ici sur ce lieu symptomatique de mon enfance.

Voilà comment ça s'est passé…

8h45mn, ça y est , c’est l’heure, j’y vais.
Sans doute un peu tôt pour un départ à 10h (il me faut un petit quart d’heure à pied pour rejoindre la ligne de départ). Mais debout depuis 6h30mn, j’ai envie de briser cette éphémère solitude, survenue la veille au soir, lorsque mon épouse m’a laissé devant la maison familiale vide (mes parents étant en vadrouille), pour retourner vers son cocon maternel. La maison pour moi tout seul un samedi soir. 20 ans plus tôt, cette perspective réjouissante m’aurait permis d’organiser une fête avec des potes et de me coucher à l’heure où je me suis levé aujourd’hui. Mais ça, c’est un autre histoire…
Me voilà donc parti, en petites foulées. La quartier est quasiment désert, pas de bruit (à part quelques coups de fusils brisants la sérénité des lieux, maudits chasseurs !!!). Au carrefour, je donne mon premier bonjour de la journée à un signaleur de la course.
Dur, dures sont les cuisses (le coach ne nous a pas loupé, mardi dernier, avec ces répétitions de fentes avant), je continue en marchant, et en plus ça monte.
Je croise de nouveau un signaleur discutant avec un quidam et son chien, je les salue tout en continuant ma route.
Je me rend compte que cette route m’emmène tout droit à mon ancienne école. O, ce n’est pas la première fois que je repasse par là, mais en y réfléchissant bien, c’est peut-être bien la seule fois depuis une éternité que je refais le parcours à pied (et avec un sac sur le dos). Rien n’a changé en presque 30 ans, ah si, un détail, un portail fermé, un rideau baissé, et c’est à cet instant que …

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