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2006-11-03 08:20:08 : "Voilà, c'est fini"

Je suis assez à l’aise sur cette portion montante (mon gabarit de poche sûrement). La 1ière partie, en sous-bois, donne tout de suite le rythme. Un virage très serré à gauche, je sors du bois et j’ai en point de mire un groupe. A cet endroit la pente est moins raide, je ne sais pas si j’accélère, en tout cas je les rattrape et les dépasse assez facilement. Les derniers virages et nous voilà en haut. Beau panorama sur la chaîne des Pyrénées avec le Pic du Midi de Bigorre et son promontoire astronomique. En fait je dit ça de mémoire, je bifurque sur la droite, laissant les montagnes dans mon dos. Ça sent l’écurie. Il reste un peu moins de 6 kms.
Sur les crêtes pendant prés de 2 kms, le bitume laisse la place à un chemin assez large mais par endroit boueux et avec des sillons de tracteurs ou autres engins motorisés. Faut un peu slalomer et bien regarder où mettre ses pieds.
Au départ, j’avais prévu de faire les 10 premiers kms allure semi puis lâcher les chevaux pour la fin. A ce moment là, j’avoue ne plus trop savoir où j’en suis, au passage du 10, le chrono me donne un peu plus de 49’.
J’ai du retard. Sans doute le train au début parti un peu à la bourre.
Comme le point d’arrivée correspond au départ et que nous sommes montés, c’est au tour des descentes de faire leur apparition. J’essaie de me décontracter au maximum en laissant la gravité m’aider. J’ai l’impression d’avoir chaussé des botes de sept lieues. Ça fait du bien même si les cuisses souffrent un peu.
De retour sur le plat, j’essaie de rester dans l’allure. Pas facile quand la pente n’y est plus. Bon, plus que 3 bornes. En plus je vais passer devant la maison, j’aurai peut-être quelques supporters.
Virage à gauche, entrée dans le lotissement, j’arrive dans ma rue et là.
Personne, le désert, pas un chat, nada. Mais qu’est-ce que tu croyais. Je souris en ravalant mon orgueil. Maintenant il faut finir.
De retour dans le village, il reste grosso modo 500m dont 100m en montée. J’accélère, je sens un coureur derrière moi. Les derniers mètres de la côte sont rudes mais après bascule vers la ligne d’arrivée, une cinquantaine de mètres en descente.
Top. Je passe la ligne. C’est fini.
Je reprend tranquillement mon souffle, rend ma puce et me dirige vers les tables de ravitaillement.
Le plein refait, je récupère mon sac à dos. Débriefing rapide, chrono 1h12, puls moy 188, puls max 201 (record battu).
Je remonte vers l’école pour faire mon footing de récup.
J’ai toujours à la fin des courses un sentiment mitigé. Triste et déçu que la fête soit finie mais en même temps heureux et satisfait.
En rentrant, je remet mes souvenirs à leurs places et pense déjà à la prochaine course…



"Voilà, c'est fini" - Jean-Louis AUBERT

Les réactions

Par kenlag, le 2006-11-03 11:44:32
Une de mes chansons préférées

Par Le Cri de la Carotte, le 2006-11-03 14:41:13
C'est aussi l'album de JL Aubert que je préfère.

Par fils du vent, le 2006-11-04 10:33:35
marrant ta sensation comme tu sentais l 'écurie avant d'arriver dans ta rue.(facile)

Par mielou, le 2006-11-04 10:35:01
très belle course sur les souvenirs
à la prochaine...

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Combien fait un plus trois ? (en toute lettre)

Les 5 billets précédents

2006-11-02 11:00:52 : "Ma liberté" - 0 photo - 3 réactions

Là au milieu des coureurs, j’ai une impression bizarre. Je connais le lieu par cœur, le parcours n’a pas de secret pour moi pourtant, je suis un étranger. Tout le monde à l’air de se connaître et moi, je ne connais plus personne. Je pensais retrouver des copains de classe ou des voisins. Non aucun. Pourtant nous étions quelques uns, lors de la 4ième édition, à avoir pris le départ du semi, comme ça, avec un entraînement approximatif. Mais bon à 17 ans, on peut tout oser. Et puis 2 mois d’été en montagne, à promener des touristes sur des canassons (et moi à pied), ça doit compter un peu pour le foncier. Oui mais, à côté de ça, les fumées bleutées embrument déjà mes poumons et c’est parti pour plusieurs années de dépendance.
Ben quoi ! Je fais ce que je veux , j’suis libre et puis de toute façon, j’arrête quand j’veux.
Ok fais le.
Ouais, ben là, tu vois, j’ai pas envie.
Libre, peut-être, mais en liberté surveillée, avec pointage tous les jours chez le revendeur comme un détenu qui va pointer au commissariat.
Cela fait maintenant 6 ans que je ne filtre plus l’air qui oxygène mon sang. Les murs enfumés de ma prison tabagique se sont évaporés, mon horizon s’est débouché, ma liberté retrouvée. A moi, les grands espaces, cow-boy.
En parlant de grands espaces, pan ! c’est parti. Y a 15 bornes à faire.
Je laisse mes souvenirs sur la ligne de départ, c’est pas le moment de s’encombrer.
Démarrage en côte, pas facile mais c’est le début donc ça roule bien. Tout de suite après une descente, il me faut 3 ou 400 m pour trouver un rythme. Mon objectif est de faire les premiers kilos à une allure semi (enfin ce que je pense être mon allure semi soit 4’45).
Chacun cherche sa position dans ce train où aucune place n’est réservée.
Le premier kilo est atteint en 4’40. Ok dans les temps, par contre côté cardio, c’est l’affolement général, je suis largement au-dessus de 90%FCM. On verra bien, je continue sur ce rythme.
Le deuxième kilo est un poil plus rapide, j’ai accroché un bon wagon.
Je ne vois pas le bout du troisième mille. A enfin le panneau, hein, c’est quoi ce souk, 5’ et quelques. Ca va pas du tout, j’accélère un peu malgré mes puls déjà hautes et boucle le quatrième en 4’. Bon j’ai compris le problème vient pas à priori de mon allure mais du marquage. Pas grave.
Les 5 et 6ièmes sont un peu le ventre mou de ma course, ils sont digérés en 11’. C’est pas assez rapide, j’ai un peu de mal à accélérer. Je ne regarde plus mes puls.
C’est sur le 7ième que la forme revient, je rattrape un coureur et à la faveur d’une légère descente lui dit de prendre ma foulée pour revenir sur un petit groupe à une centaine de mètres devant nous. Un coup d’œil sur le chrono me confirme mes sensations.
Me voilà au pied de la côte, 1500m de montée. J’ai pas d’appréhension particulière. Je la connais bien. Je raccourcis un peu ma foulée et entame son ascension.


"Ma liberté" - Serge Reggiani (paroles Georges Moustaki)

2006-10-31 08:16:20 : "Stupeur et Tremblements" (*) - 0 photo - 4 réactions

La voix du speaker, déformée par un micro et des haut-parleurs approximatifs, est celle de mon entraîneur de foot, qui, pour l’occasion, s’est transformé en Monsieur Loyal d’un cirque de coureurs aux nez et aux pommettes rougis par la fraîcheur matinale.
Je m’approche et le salue, je suis content de le voir, même, si j’étais plus souvent sur le banc des remplaçants ou à faire l’arbitre de touche. De toute façon, l’esprit de compétition ne m’a jamais animé, seul le jeu m’intéresse. Perdre ou gagner, gagner et perdre, c’est pas le plus important.
Quelques mondanités. Je ne suis pas très à l'aise dans ce genre d’exercice. Quand j’aperçois par dessus son épaule la silhouette imposante de mon instit, aïe. Certes il est moins impressionnant aujourd’hui (du moins par la différence de taille plus réduite entre nous) mais son charisme est toujours là. Je ne m’approche pas. Avec l’entraîneur, pas de problème, j’ai un physique irréprochable ;o), je suis prêt à enchaîner les débordements sur l’aile et les centres en retrait, mais là c’est autre chose. J’ai pas révisé mes tables et mes conjugaisons (comme vous pouvez peut-être le constater ici ou là), compléments d’objets et accords de participe sont aux oubliettes, enfouis sous des couches de débilités télévisuelles. Visiblement occupé à autre chose, il ne me reconnaît pas. Normal, des élèves, lui en a eu plein.
Je m’esquive pour aller chercher mon dossard.
Epinglé en bonne place, je pars m‘échauffer. Je monte vers l’école et décide de faire le tour. Devant de préau, des signes kabbalistiques m’interpellent, les marelles d’antan, tracées à la craie à main levée, sont remplacées par des quadrillages et des escargots énigmatiques peints avec de la bonne peinture. Tiens, ils ont goudronné le trottoir où les billes roulaient et s’entrechoquaient sous mes doigts maladroits. Sur les vitres, je suis surpris de lire un message, écrit par l‘équipe enseignante, demandant des ordinateurs obsolètes pour équiper les classes. Comment se fait-il que la France, pays parmi les plus riches, ne puissent fournir des PC à ses écoles ? Préférant sans doute équiper ses e-militaires de technologies de pointe pour s’affronter dans des guerres virtuelles où les morts civiles seront, elles, bien réelles.
Je continue mon chemin, et tombe sur le garage à vélos, ou plus exactement l’emplacement du feu garage à vélo. Mais où garent-ils leur bicyclettes ? Je ne veux pas croire qu’ils viennent tous en voiture. En écrivant ces lignes, je me rend compte d’un paramètre important aujourd’hui, la sécurité. Les voitures étaient largement moins présentes avant. Et puis en plus, l’épicerie étant fermée, c’est pas intéressant d’aller à l’école par ses propres moyens.
Je finis mon échauffement prés du terrain de basket où j’ai un jour réussi, lors d’un jeu de piste, à mettre 4 ou 5 lancer-francs de suite. Mon heure de gloire pour ainsi dire.
Je redescend vers la ligne de départ, après quelques accélérations en montée et me place en attendant le coup de feu.


(*) Amélie Nothomb (2001) (pas lu, mais je vous conseille vivement le lecture de son premier roman "Hygiène de l'Assassin")

2006-10-30 10:19:41 : "J'ai dix ans" - 0 photo - 4 réactions

"Je sais que c'est pas vrai
Mais j'ai 10 ans..." (*)

Où en étais-je ?, ah oui, le portail fermé, le rideau baissé…

Tout était comme avant, pourtant un détail attire mon regard. Ce fameux portail, naguère ouvert, même le dimanche, est aujourd’hui définitivement clos. L’épicerie a fermé ces portes.
Et oui, c’est là sur le chemin de l’école que nous nous arrêtions pour acheter des bonbons. Nous étions riches avec nos poches remplies de pièces jaunes récupérées sur un canapé ou sur la monnaie des courses. En même temps, sans le savoir, nous révisions nos additions et nos tables de multiplications (alors j’ai 1 franc, si j’achète 3 fraises à 10 centimes et 2 réglisses à 20 centimes, etc…) .
Le départ pour le grand huit temporel est donné. Chaque pas est matière à souvenir.
Quelques dizaines de mètres plus loin, j’aperçois la maison du curé avec son fameux jardin. M’en voudrait-il aujourd’hui de ne plus croire au Père Noël des grands au point d’avoir renié mon baptême?
Je tombe au détour d’une rue sur le château, immense et mystérieux jadis. Le bruit court dans nos têtes blondes que la sombre demeure est hantée ou gardée par un monstre venu d’Afrique. Le mur d’enceinte est-il là pour nous empêcher d’y pénétrer ou pour nous protéger du monstre ? De toute façon, nous n’osons même pas nous aventurer devant le portail géant barrant l’entrée, la traversée de la rue est alors tabou.
Aujourd’hui, je passe devant sans peur. Je n’ai plus le temps de m’inventer des histoires de gamin. Le seul monstre à affronter, dorénavant, est le chronomètre.
D’ailleurs, j’approche du départ, mon ouie ne me trompe pas, j’entend le speaker annonçant les heures des prochaines épreuves et quelques vieux tubes dépoussiérés à la sauce techno.


(*) "J'ai dix ans" Alain Souchon (1974)

2006-10-27 14:07:56 : Quand la course à pied explore le temps... - 0 photo - 9 réactions

Dimanche dernier, en me rendant sur le départ de la course, je me suis fait happer par la spirale du temps.
Il semblerait que ce curieux phénomène touche de temps en temps quelques capistes…
Dimanche donc, je participais à une course organisée depuis 22 ans dans le village de mon enfance. Et c'est en cheminant à travers le bourg, que cela s'est produit.
L'endroit où c'est arrivé, est bien révélateur.
Cela aurait pu être n'importe où, mais non, ma madeleine est ici sur ce lieu symptomatique de mon enfance.

Voilà comment ça s'est passé…

8h45mn, ça y est , c’est l’heure, j’y vais.
Sans doute un peu tôt pour un départ à 10h (il me faut un petit quart d’heure à pied pour rejoindre la ligne de départ). Mais debout depuis 6h30mn, j’ai envie de briser cette éphémère solitude, survenue la veille au soir, lorsque mon épouse m’a laissé devant la maison familiale vide (mes parents étant en vadrouille), pour retourner vers son cocon maternel. La maison pour moi tout seul un samedi soir. 20 ans plus tôt, cette perspective réjouissante m’aurait permis d’organiser une fête avec des potes et de me coucher à l’heure où je me suis levé aujourd’hui. Mais ça, c’est un autre histoire…
Me voilà donc parti, en petites foulées. La quartier est quasiment désert, pas de bruit (à part quelques coups de fusils brisants la sérénité des lieux, maudits chasseurs !!!). Au carrefour, je donne mon premier bonjour de la journée à un signaleur de la course.
Dur, dures sont les cuisses (le coach ne nous a pas loupé, mardi dernier, avec ces répétitions de fentes avant), je continue en marchant, et en plus ça monte.
Je croise de nouveau un signaleur discutant avec un quidam et son chien, je les salue tout en continuant ma route.
Je me rend compte que cette route m’emmène tout droit à mon ancienne école. O, ce n’est pas la première fois que je repasse par là, mais en y réfléchissant bien, c’est peut-être bien la seule fois depuis une éternité que je refais le parcours à pied (et avec un sac sur le dos). Rien n’a changé en presque 30 ans, ah si, un détail, un portail fermé, un rideau baissé, et c’est à cet instant que …

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