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2006-11-22 10:07:56 : Du souci à se faire?

Pour moi? Non, ça va.
Ma course de dimanche, c’est super bien passée.
Un 20 bornes sur route réalisé en un peu plus d’1h32, dans la fourchette haute de mes objectifs et sans aucune douleur aujourd’hui.

Non, non, c’est pas pour moi que je m’inquiète.

Je livre à votre sagacité un article paru dans Science&Vie de novembre 2006 (n°1070).
Je vous en laisse vous-même tirer les conclusions.


« L’appétit pour la viande pèse sur l’environnement »

La consommation de viande dans le monde est passée, en 30 ans, de 99 à 244 millions de tonnes, un vrai danger pour l’environnement selon le rapport « perspectives agricoles » pour 2006-2015 (1), l’ Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) et l’Organisation des Nation Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO).

Après avoir doublé en un quart de siècle, la production mondiale de viande dépasse aujourd’hui les 230 millions de tonnes et continue de grimper, notamment dans les pays en voie de développement, du fait de la croissance démographique et de l’amélioration de certains revenus. Or ce changement de régime pèse sur les ressources agricoles.

« A valeur nutritive égale, produire de la viande requiert plus d’eau que de produire des végétaux, puisqu’il faut d’abord cultiver la nourriture des animaux, explique Pierre Gerber de l’initiative « Elevage, Environnement et Développement » de la FAO (2). De plus, l’élevage peut induire une pollution de l’eau et des sols. Il a aussi un impact sur le réchauffement, du fait de la déforestation, des rejets de méthane par les ruminants et des émissions gazeuses dues aux effluents d’élevage. Ce qui entraîne une perte de biodiversité ».

Il est donc urgent de mettre en œuvres des politiques publiques adaptées.

Quelques chiffres :
- 15m3 d’eau en moyenne sont nécessaire à la production d’1kg de viande de bœuf fraîche. Il en faut 10 fois moins pour 1kg de céréales.
- 80% des émissions agricoles de gaz à effet de serre sont liées à l’élevage. 18% des émissions dues à l’homme sont imputables à l’agriculture.
- 29 kg, c’est la consommation annuelle de viande par habitant dans les pays en développement contre (11kg en 1970). Au nord, elle est de 80kg.

(1) www.oecd.org
(2) www.lead.virtualcenter.org/fr/


Quelques pages plus loin dans le même numéro une déclaration des Fonds des Nations Unies pour l’Enfance :
« Plus d’un million et demi d’enfants de moins de 5 ans meurt chaque année par manque d’eau potable soit 4200 enfants par jour ».

Juste un commentaire quant à la conclusion de l’article.
Je ne pense pas qu’il faille attendre des « politiques publiques adaptées » (d’ailleurs je vois pas très bien ce que ça veut dire).
Chacun est maître de sa vie et de ses choix. Il faut garder à l’esprit qu’un choix induit des conséquences. On est donc responsable des conséquences de ses choix (quand on en a la connaissance).

Les réactions

Par Felix, le 2006-11-22 10:28:20
Depuis que je me suis mis à la CAP, j'ai fortement diminué ma consommation de viande pour des raisons de santé (sans pour autant être végétarien)...ben quand je lis ces arguments, cela conforte mon choix.
Merci à toi.

Par GGBI, le 2006-11-22 10:30:41
Ce que je trouve dommage, sans remettre en cause le danger c'est que l'on compare toujours des choses qui n'ont rien a voir histoire d'amplifier la vérité.

Dire qu'il faut 10 fois moins d'eau pour produire 1kg de céréales par rapport a 1Kg de viande, n'est pas la bonne comparaison.
Il faudrait comparer a apport d'énergie égale, car je pense qu'il faut plus d'1kg de céréales pour avoir un apport d'énergies équivalent a 1Kg de viande.

Par cat, le 2006-11-22 11:46:49
comme felix, je ma

Par cat, le 2006-11-22 11:48:34
je reprends..oups..je mange beaucoup moins de viande et je ne m'en porte pas plus mal que ça.
l'article est interessant et fait plutot reflechir!merci

Par Le Cri de la Carotte, le 2006-11-22 13:09:33
Les animaux que vous ne mangez plus vous remercient, Cat et Félix.

GGBI, pourquoi la consommation d'eau n'a-t-elle aucune relation avec la consommation de viande?
Quant à l'apport en énergie, je suppose qu'en tant que marathonnien averti, il ne te viendrait pas à l'esprit de ne manger que de la viande la dernière semaine précédent ton marathon?
Sans être un nutritionniste aguerri, les viandes, me semble-t-il, ne contiennent aucun glucide (énergie par essence du coureur à pied).

J'ai choisi cet article parce qu'il émane d'un journal scientifique donc a priori non partisan. Sinon des comparaisons, j'en ai plein d'autres en réserves.

Par GGBI, le 2006-11-22 14:31:26
Non le cri de la carrote, tu semble ne pas avoir compris mes propos.
L'article est interressant et surement réaliste.

Ce que je trouve dommage, c'est de comparer deux choses sur un mauvais critère.
Un Kg de viande ne peut être comparé a 1 Kg de céréales. L'apport energétique n'étant pas le même.

1 Kg de viande c'est 2600 Kcal alors que 1 Kg de mais c'est 760 Kcal.

Donc on doit comparer 1Kg de viande a 3 Kg de céréalles et là, c'est pas dix fois plus d'eau qu'il faut, mais trois fois plus.

La différence est toujours importante, reste maintenant comme tu le souligne l'équilibre alimentaire. L'interet de la viande est de contenir énormément de proteines, alors que les végétaux en contienent peu.

On pourrait compenser par le poisson, mais le problème est que les stock de poissons baissent considérablement sur la terre.

Concernant l'alimentation du marathonien, détrompe toi, dans un régime dissocié, que certains font la dernière semaine, les trois premiers jours sont exclusivements consacré a une alimentation riche en proteines. Mais cela n'est pas le sujet.

Tout n'est pas aussi simple que l'on voudrait le dire. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il ne faut pas forcément abandonner la viande, mais en manger beaucoup moins.
Apparament, la consommation moyenne par habitant est beaucoup trop élevée.

Par Le Cri de la Carotte, le 2006-11-22 15:11:39
Nous sommes d'accord.
C'est effectivement là où je voulais en venir.
La consommation de viande est trop importante (80kg par an ça fait plus de 200g par jour).

Par Le Cri de la Carotte, le 2006-11-22 16:32:39
Je viens de faire quelques recherches sur les calories issues des céréales (pour 1kg):
Pâtes (crues) 3740kcal
Riz (crue) 3500kcal
Blé semoule (crue) 3440kcal
Maïs (farine) 3590kcal
Maïs doux en conserve 760kcal

Donc je pense que même que la comparaison en terme de calories peut s'appliquer.

Par Cestpasmoi, le 2006-11-22 17:13:04
Où trouver les justes quantités de protéines nécessaires en fonction de l'âge et/ou du poids et de l'activité ? Pour mes enfants par exemple, la quantité de viande/poisson conseillée varie selon le médecin, le site ou le livre consulté.

Par Le Cri de la Carotte, le 2006-11-22 18:15:21
Je ne suis pas spécialiste en nutrition.
Je dirais qu'il faut varier le plus possible les sources d'informations et les recouper.
Tu trouveras dans "L'équilibre nutritionnel du végétarien" du Dr Jacqueline ANDRE (édition Maloine nauwelaerts) ce genre d'infos.

Il est couramment conseillé 1g de protéines par kilo de poids corporel.

Par Cyril, le 2006-11-22 21:25:47
Salut,

Entièrement d'accord avec GGBI, il faut nuancer un peu, moi je ne ferais pas la comparaison entre la viande et les céréales mais entre la viande et les légumes (verts par exemple). Ces derniers sont essentiellement constitués d'eau, et de plus pour avoir le même apport énergétique il faut en manger une masse bien plus importante donc les ordres de grandeur au niveau consommation d'eau sont voisins il me semble. Et lorsqu'il n'y a qu'un ordre de grandeur entre deux données comme ici je ne pense pas que ça suffise à attribuer tous les torts à la viande en termes de déficit en eau, d'autant plus que la viande est assez dense, on ne mange jamais 300g de viande, en revanche on peut manger 300g de tomates ou autre facilement...Donc au fond si on rapporte à la consommation je pense que les ordres de grandeurs sont voisins au niveau consommation d'eau qu'il s'agisse de légumes ou d'eau.

C'est juste mon avis, cet argument mérite d'être avancé tu as raison.

à+

Par zozo, le 2006-11-23 07:58:43
@GGBI: les poissons ont disparu de la terre, ils sont maintenant dans les mers et rivières.

Bon ok, je sors...

Par Le Cri de la Carotte, le 2006-11-23 08:37:46
La comparaison entre les céréales et les viandes me paraît, tout de même, fort judicieuse.
En terme énergétique, si on excepte le maïs en boîte, l'apport est équivalent (voire un peu supérieur pour les céréales).
En terme alimentaire, les céréales apportent à la fois des glucides et des protéines (pâtes prot. 13g, glu. 77g)là où les viandes n'offrent que des protéines et des lipides (boeuf prot. 17g lip. 20g).
En terme de production, les animaux pour les manger, il faut les nourrir. Donc production supplémentaire de céréales (l'herbe des champs ne suffisant plus à leur rapide développement).

Le bémol que j'apporterai à cet article, il est au niveau du type de production.
Intensive ou raisonnée?
Là aussi, il doit y avoir des différences d'utilisation de l'eau.

Zozo, reviens.
Y a pas de problème, tu peux venir faire de l'humour à 1€.
Je suis moi-même adepte de ce genre là (le problème c'est que ça fait rire que moi).

Par GGBI, le 2006-11-23 10:30:59
Si j'ai bien suivi sur d'autres post, le cri de la carotte, tu es végétarien (ou lien je sais plus). Tu ne te nourris que de végétaux ?
cela doit être relativement compliqué d'équilibrer l'alimentation non ?

Juste pour revenir sur tes recherches

Pâtes (crues) 3740kcal
Riz (crue) 3500kcal
Blé semoule (crue) 3440kcal
Maïs (farine) 3590kcal
Maïs doux en conserve 760kcal

J'enleverai au moins les pates qui ne sont pas tout a fait des céréales et la farine de mais, car s'est un produit asséché et je pense qu'il faut un max de kilos de mais pour en produire un, ainsi que la semoule de mais qui est a base de farine de mais.

Reste le riz, qui effectivement semble être super. C'est pas pour rien que les chinois en sont friands.

zozo tu as raison de me reprendre, mais je trouve qu'avec le passage a l'euro les blagues coutent vraiment trop cher (avant c'étais un franc).

Cela dis, la diminution de la population de poissons est aussi une préocupation importante pour les années a venir.

Par Le Cri de la Carotte, le 2006-11-23 10:58:46
Oui GGBI, je suis végétarien. Mon alimentation est essentiellement composée de céréales et de légumineuses avec évidement des légumes et des fruits.
Quelques oeufs de temps à autres, quasiment pas de laitage (sauf dans le nutella).
Il n'est pas compliqué d'équilibrer une telle alimentation.
Par contre, il faut changer ces réflexes, un menu végétarien, ce n'est pas juste un menu traditionnel sans viandes.
Pour prendre l'exemple des protéines (qui semble poser des problèmes dans le choix de cette alimentation), il est dit, à juste titre, que les prot. végétales sont moins bien assimilées que les prot. animales. Pour pallier à cet état de fait, il faut faire une association de céréales et de légumineuses (ex: riz+lentilles).

Par mielou, le 2006-11-23 17:31:32
encore un sujet intéressant qui mérite réflexion
c'est sûr qu'on mange trop de viande
moi le premier d'ailleurs
mais c'est comme tout
je vais petit à petit et j'essaye de trouver la solution pour réduire au fur et à mesure
mais je suis encore loin de passer au végétalisme
d'ailleurs je ne pense pas en être capable
mon côté carnassier sans doute...
en tout cas bien instructif la conversation

Par Le Cri de la Carotte, le 2006-11-23 17:48:06
Tout est possible, Mielou.
Il y a 10 ans, jamais j'aurai cru pouvoir me passer de viandes.
J'ai avancé pas à pas comme pour un débutant en course à pied.
Le végétalisme pour quelqu'un qui mange de la viande, c'est le marathon pour le sédentaire.
Des étapes intermédiaires permettent d'y arriver en douceur.

Par Bruno, le 2006-11-24 08:19:59
Le mal que l'on se fait, que l'on fait aux animaux et que l'on fait à la planète en mangeant de la viande m'est devenu insupportable depuis quelques années. Ma copine et moi sommes devenus végétaliens et nous nous en portons que mieux : nous ne sommes plus jamais malades car nous privilégions uniquement les aliments qui renforcent le système immunitaire (notamment légumes + légumes secs + céréales + fruits) en évitant tout ce qui peut l'affaiblir (terminé les courses en super/hypermarchés, terminé le gluten, terminé le lait de vache fermenté ou pas). On mange super biens à tous les niveaux. Aucun problème de poids (pourcentage de graisse corporelle minime), aucun problème pour pratiquer la course-à-pied, bien au contraire, aucun problème pour acheter ses aliments (magasins bio + jardin à la maison),...Bref, jamais je ne redeviendrai omnivore.
Bruno.

Par Le Cri de la Carotte, le 2006-11-24 09:48:01
C'est vrai, Bruno, le végétarisme a bien des vertus très souvent ignorées et mal comprises.
Je pense que beaucoup seraient prêts à franchir le pas si la pression sociale était moins pesante.

Par bémol, le 2006-11-25 17:44:19
j'adhère complètement à ce que dit Bruno, mais voilà je trouve un peu exagéré les prix pratiqués en magasins bio. En plus j'ai vu une fois une émission sur le soja , et bien ceux qui vraiment suivaient tt le parcours honnête du bio, même en supposant que l'avion qui survolait le champ voisin en arrosant de pectisides est trouvé un système pour arrêter le produit à ras l'autre champ comme le nuage de Tchernobyl et bien en + arrivé dans les gros bateaux qui amènent le soja chez nous et bien preuve à l'écran.. toutes les cargaisons sont vidés ensemle dans le le ventre du navire. Devant mon mari qui connait parfaitement le monde agricole et qui ricanait en sourdine , j'ai dit : peut importe , j'men fiche j'aime le soja le lait de soja(on devrait pas dire lait de soja là c'est une contre-sens) et puis le lait des vaches il y a une telle surproduction que le gouvernement faut bien qu'il essaie de l'écouler. Ailleurs, je crois dans les pays Baltes , au Japon ils en consomment bien moins non?? j'ai cru lire une fois quelque chose là-dessus.
En attendant le bio mérite d'évoluer et surtout d'être un peu plus à la portée de toutes les bourses.

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2006-11-09 11:16:05 : Qu’est-ce qu’on mange à midi ? - 1 photo - 6 réactions

Palak Panir

Kézako ?

Quand je sais pas quoi faire à manger, j’ai une astuce.
J’ouvre un peu au hasard « Recettes Végétariennes de l’Inde » et je laisse mes papilles choisir (enfin ça dépend un peu aussi de ce qu’il y a dans le frigo).

Donc pour midi ça sera « Lasagnes Palak Panir » ou « Lasagnes aux épinards et tofu »
Vous l’aurez deviné les épinards c’est palak et le tofu c’est … je sais pas. En fait normalement le panir est du fromage fait maison. Mais on peut remplacer allègrement par du tofu.

Ce qu’il y a de sympas dans les recettes indiennes, c’est le mélange d’épices.

Préparer le tofu en cubes. N’ayant aucun goût, le faire frire à la poêle avec de la pâte de curry et de la sauce soja.
Faire fondre dans une casserole de la margarine, ajouter les épices, graines de cumin, graines de moutardes, de l’ail pillé et du gingembre.
Quand le mélange bruni, incorporer les épinards avec un peu d’eau et laisser réduire (j’ai utilisé des épinards congelés).
Ajouter les dés de tofu et bien mélanger.
Composer vos couches de lasagnes (autant que la hauteur du plat et de votre appétit vous le permettent) et recouvrer le tout avec une « béchamel » un peu liquide.
Ma « béchamel », c’est de la pâte de sésame et/ou amande diluée dans de l’eau salée et de la farine, fouetter jusqu’à ébullition.

Et hop au four.

2006-11-03 08:20:08 : "Voilà, c'est fini" - 0 photo - 4 réactions

Je suis assez à l’aise sur cette portion montante (mon gabarit de poche sûrement). La 1ière partie, en sous-bois, donne tout de suite le rythme. Un virage très serré à gauche, je sors du bois et j’ai en point de mire un groupe. A cet endroit la pente est moins raide, je ne sais pas si j’accélère, en tout cas je les rattrape et les dépasse assez facilement. Les derniers virages et nous voilà en haut. Beau panorama sur la chaîne des Pyrénées avec le Pic du Midi de Bigorre et son promontoire astronomique. En fait je dit ça de mémoire, je bifurque sur la droite, laissant les montagnes dans mon dos. Ça sent l’écurie. Il reste un peu moins de 6 kms.
Sur les crêtes pendant prés de 2 kms, le bitume laisse la place à un chemin assez large mais par endroit boueux et avec des sillons de tracteurs ou autres engins motorisés. Faut un peu slalomer et bien regarder où mettre ses pieds.
Au départ, j’avais prévu de faire les 10 premiers kms allure semi puis lâcher les chevaux pour la fin. A ce moment là, j’avoue ne plus trop savoir où j’en suis, au passage du 10, le chrono me donne un peu plus de 49’.
J’ai du retard. Sans doute le train au début parti un peu à la bourre.
Comme le point d’arrivée correspond au départ et que nous sommes montés, c’est au tour des descentes de faire leur apparition. J’essaie de me décontracter au maximum en laissant la gravité m’aider. J’ai l’impression d’avoir chaussé des botes de sept lieues. Ça fait du bien même si les cuisses souffrent un peu.
De retour sur le plat, j’essaie de rester dans l’allure. Pas facile quand la pente n’y est plus. Bon, plus que 3 bornes. En plus je vais passer devant la maison, j’aurai peut-être quelques supporters.
Virage à gauche, entrée dans le lotissement, j’arrive dans ma rue et là.
Personne, le désert, pas un chat, nada. Mais qu’est-ce que tu croyais. Je souris en ravalant mon orgueil. Maintenant il faut finir.
De retour dans le village, il reste grosso modo 500m dont 100m en montée. J’accélère, je sens un coureur derrière moi. Les derniers mètres de la côte sont rudes mais après bascule vers la ligne d’arrivée, une cinquantaine de mètres en descente.
Top. Je passe la ligne. C’est fini.
Je reprend tranquillement mon souffle, rend ma puce et me dirige vers les tables de ravitaillement.
Le plein refait, je récupère mon sac à dos. Débriefing rapide, chrono 1h12, puls moy 188, puls max 201 (record battu).
Je remonte vers l’école pour faire mon footing de récup.
J’ai toujours à la fin des courses un sentiment mitigé. Triste et déçu que la fête soit finie mais en même temps heureux et satisfait.
En rentrant, je remet mes souvenirs à leurs places et pense déjà à la prochaine course…



"Voilà, c'est fini" - Jean-Louis AUBERT

2006-11-02 11:00:52 : "Ma liberté" - 0 photo - 3 réactions

Là au milieu des coureurs, j’ai une impression bizarre. Je connais le lieu par cœur, le parcours n’a pas de secret pour moi pourtant, je suis un étranger. Tout le monde à l’air de se connaître et moi, je ne connais plus personne. Je pensais retrouver des copains de classe ou des voisins. Non aucun. Pourtant nous étions quelques uns, lors de la 4ième édition, à avoir pris le départ du semi, comme ça, avec un entraînement approximatif. Mais bon à 17 ans, on peut tout oser. Et puis 2 mois d’été en montagne, à promener des touristes sur des canassons (et moi à pied), ça doit compter un peu pour le foncier. Oui mais, à côté de ça, les fumées bleutées embrument déjà mes poumons et c’est parti pour plusieurs années de dépendance.
Ben quoi ! Je fais ce que je veux , j’suis libre et puis de toute façon, j’arrête quand j’veux.
Ok fais le.
Ouais, ben là, tu vois, j’ai pas envie.
Libre, peut-être, mais en liberté surveillée, avec pointage tous les jours chez le revendeur comme un détenu qui va pointer au commissariat.
Cela fait maintenant 6 ans que je ne filtre plus l’air qui oxygène mon sang. Les murs enfumés de ma prison tabagique se sont évaporés, mon horizon s’est débouché, ma liberté retrouvée. A moi, les grands espaces, cow-boy.
En parlant de grands espaces, pan ! c’est parti. Y a 15 bornes à faire.
Je laisse mes souvenirs sur la ligne de départ, c’est pas le moment de s’encombrer.
Démarrage en côte, pas facile mais c’est le début donc ça roule bien. Tout de suite après une descente, il me faut 3 ou 400 m pour trouver un rythme. Mon objectif est de faire les premiers kilos à une allure semi (enfin ce que je pense être mon allure semi soit 4’45).
Chacun cherche sa position dans ce train où aucune place n’est réservée.
Le premier kilo est atteint en 4’40. Ok dans les temps, par contre côté cardio, c’est l’affolement général, je suis largement au-dessus de 90%FCM. On verra bien, je continue sur ce rythme.
Le deuxième kilo est un poil plus rapide, j’ai accroché un bon wagon.
Je ne vois pas le bout du troisième mille. A enfin le panneau, hein, c’est quoi ce souk, 5’ et quelques. Ca va pas du tout, j’accélère un peu malgré mes puls déjà hautes et boucle le quatrième en 4’. Bon j’ai compris le problème vient pas à priori de mon allure mais du marquage. Pas grave.
Les 5 et 6ièmes sont un peu le ventre mou de ma course, ils sont digérés en 11’. C’est pas assez rapide, j’ai un peu de mal à accélérer. Je ne regarde plus mes puls.
C’est sur le 7ième que la forme revient, je rattrape un coureur et à la faveur d’une légère descente lui dit de prendre ma foulée pour revenir sur un petit groupe à une centaine de mètres devant nous. Un coup d’œil sur le chrono me confirme mes sensations.
Me voilà au pied de la côte, 1500m de montée. J’ai pas d’appréhension particulière. Je la connais bien. Je raccourcis un peu ma foulée et entame son ascension.


"Ma liberté" - Serge Reggiani (paroles Georges Moustaki)

2006-10-31 08:16:20 : "Stupeur et Tremblements" (*) - 0 photo - 4 réactions

La voix du speaker, déformée par un micro et des haut-parleurs approximatifs, est celle de mon entraîneur de foot, qui, pour l’occasion, s’est transformé en Monsieur Loyal d’un cirque de coureurs aux nez et aux pommettes rougis par la fraîcheur matinale.
Je m’approche et le salue, je suis content de le voir, même, si j’étais plus souvent sur le banc des remplaçants ou à faire l’arbitre de touche. De toute façon, l’esprit de compétition ne m’a jamais animé, seul le jeu m’intéresse. Perdre ou gagner, gagner et perdre, c’est pas le plus important.
Quelques mondanités. Je ne suis pas très à l'aise dans ce genre d’exercice. Quand j’aperçois par dessus son épaule la silhouette imposante de mon instit, aïe. Certes il est moins impressionnant aujourd’hui (du moins par la différence de taille plus réduite entre nous) mais son charisme est toujours là. Je ne m’approche pas. Avec l’entraîneur, pas de problème, j’ai un physique irréprochable ;o), je suis prêt à enchaîner les débordements sur l’aile et les centres en retrait, mais là c’est autre chose. J’ai pas révisé mes tables et mes conjugaisons (comme vous pouvez peut-être le constater ici ou là), compléments d’objets et accords de participe sont aux oubliettes, enfouis sous des couches de débilités télévisuelles. Visiblement occupé à autre chose, il ne me reconnaît pas. Normal, des élèves, lui en a eu plein.
Je m’esquive pour aller chercher mon dossard.
Epinglé en bonne place, je pars m‘échauffer. Je monte vers l’école et décide de faire le tour. Devant de préau, des signes kabbalistiques m’interpellent, les marelles d’antan, tracées à la craie à main levée, sont remplacées par des quadrillages et des escargots énigmatiques peints avec de la bonne peinture. Tiens, ils ont goudronné le trottoir où les billes roulaient et s’entrechoquaient sous mes doigts maladroits. Sur les vitres, je suis surpris de lire un message, écrit par l‘équipe enseignante, demandant des ordinateurs obsolètes pour équiper les classes. Comment se fait-il que la France, pays parmi les plus riches, ne puissent fournir des PC à ses écoles ? Préférant sans doute équiper ses e-militaires de technologies de pointe pour s’affronter dans des guerres virtuelles où les morts civiles seront, elles, bien réelles.
Je continue mon chemin, et tombe sur le garage à vélos, ou plus exactement l’emplacement du feu garage à vélo. Mais où garent-ils leur bicyclettes ? Je ne veux pas croire qu’ils viennent tous en voiture. En écrivant ces lignes, je me rend compte d’un paramètre important aujourd’hui, la sécurité. Les voitures étaient largement moins présentes avant. Et puis en plus, l’épicerie étant fermée, c’est pas intéressant d’aller à l’école par ses propres moyens.
Je finis mon échauffement prés du terrain de basket où j’ai un jour réussi, lors d’un jeu de piste, à mettre 4 ou 5 lancer-francs de suite. Mon heure de gloire pour ainsi dire.
Je redescend vers la ligne de départ, après quelques accélérations en montée et me place en attendant le coup de feu.


(*) Amélie Nothomb (2001) (pas lu, mais je vous conseille vivement le lecture de son premier roman "Hygiène de l'Assassin")

2006-10-30 10:19:41 : "J'ai dix ans" - 0 photo - 4 réactions

"Je sais que c'est pas vrai
Mais j'ai 10 ans..." (*)

Où en étais-je ?, ah oui, le portail fermé, le rideau baissé…

Tout était comme avant, pourtant un détail attire mon regard. Ce fameux portail, naguère ouvert, même le dimanche, est aujourd’hui définitivement clos. L’épicerie a fermé ces portes.
Et oui, c’est là sur le chemin de l’école que nous nous arrêtions pour acheter des bonbons. Nous étions riches avec nos poches remplies de pièces jaunes récupérées sur un canapé ou sur la monnaie des courses. En même temps, sans le savoir, nous révisions nos additions et nos tables de multiplications (alors j’ai 1 franc, si j’achète 3 fraises à 10 centimes et 2 réglisses à 20 centimes, etc…) .
Le départ pour le grand huit temporel est donné. Chaque pas est matière à souvenir.
Quelques dizaines de mètres plus loin, j’aperçois la maison du curé avec son fameux jardin. M’en voudrait-il aujourd’hui de ne plus croire au Père Noël des grands au point d’avoir renié mon baptême?
Je tombe au détour d’une rue sur le château, immense et mystérieux jadis. Le bruit court dans nos têtes blondes que la sombre demeure est hantée ou gardée par un monstre venu d’Afrique. Le mur d’enceinte est-il là pour nous empêcher d’y pénétrer ou pour nous protéger du monstre ? De toute façon, nous n’osons même pas nous aventurer devant le portail géant barrant l’entrée, la traversée de la rue est alors tabou.
Aujourd’hui, je passe devant sans peur. Je n’ai plus le temps de m’inventer des histoires de gamin. Le seul monstre à affronter, dorénavant, est le chronomètre.
D’ailleurs, j’approche du départ, mon ouie ne me trompe pas, j’entend le speaker annonçant les heures des prochaines épreuves et quelques vieux tubes dépoussiérés à la sauce techno.


(*) "J'ai dix ans" Alain Souchon (1974)

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