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2006-12-21 13:04:05 : "Requiem for a Dream"

Ce film de Darren Aronosky est une pure merveille.
Pourtant je ne vous le recommande pas en cette période de réjouissances.
Ce n’est pas ce que l’on peut appeler « un conte de noël ».
Darren Aronosky ne vous dit rien ? (moi, il y a une semaine je ne la connaissais pas), peut-être que « The Fountain » son nouveau long métrage, vous dit quelque chose (il sort à la fin du mois).

En 2 mots, ce film parle de dépendance (drogue et TV) et de quête d’une vie meilleure.
A travers les protagonistes, j’ai l’impression de retrouver le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Le « monde des pays riches du nord » accros à sa dose de pétrole sans laquelle il ne peut rêver son développement.

Je vous livre un article du Courrier International du 14 sept. 2006.

« Une crise alimentaire menace le monde »

On n'avait pas connu cela depuis trente ans : les stocks de céréales n'assurent plus que cinquante-sept jours de nourriture à la population mondiale. La réduction dramatique de l'approvisionnement alimentaire risque de plonger le monde dans la plus grave crise qu'il ait connue depuis trente ans. De nouvelles statistiques montrent que les récoltes de cette année seront insuffisantes pour nourrir tous les habitants de la Terre, pour la sixième fois depuis sept ans. Les hommes ont jusqu'ici mangé à leur faim en prélevant sur les stocks constitués durant les années de vaches grasses, mais ceux-ci sont désormais tombés au-dessous du seuil critique.

En 2006, selon les estimations de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du ministère américain de l'Agriculture, la récolte de céréales diminuera pour la deuxième année consécutive. Selon la FAO, elle dépassera à peine 2 milliards de tonnes, contre 2,38 milliards en 2005 et 2,68 milliards en 2004, alors que l'appétit de la planète ne cesse de croître, à mesure que sa population augmente. Les estimations du gouvernement américain sont encore plus pessimistes : 1 984 milliards de tonnes, soit 58 millions de tonnes de moins que la consommation prévue pour cette année. Les stocks alimentaires sont passés d'un niveau suffisant pour nourrir le monde pendant cent seize jours en 1999 à cinquante-sept jours seulement à la fin de cette saison, bien en deçà du niveau officiel de sécurité [soixante-dix jours]. Les prix ont d'ores et déjà grimpé d'au moins 20 % cette année.

La production a baissé dans les pays riches
La crise qui se dessine est passée largement inaperçue parce que, pour une fois, les récoltes ont chuté dans les pays riches comme les Etats-Unis et l'Australie, qui, en temps normal, sont exportateurs de denrées alimentaires, et non dans les pays les plus affamés du monde. Aussi, ni l'Afrique ni l'Asie n'ont-elles souffert de grande famine. L'effet du déficit se fera sentir progressivement, lorsque les populations pauvres ne pourront plus acheter des aliments devenus trop chers, ou lorsque leurs propres récoltes baisseront. A travers le monde, plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim.
De 1950 à 1990, les rendements céréaliers ont plus que doublé, et la production est passée de 630 millions à 1,78 milliard de tonnes. Mais, depuis quinze ans, les rendements progressent bien plus lentement, et la production atteint péniblement 2 milliards de tonnes. "Les paysans ont obtenu un résultat extraordinaire en triplant quasiment la récolte mondiale", note Lester Brown, qui préside actuellement l'Earth Policy Institute, un institut de recherche respecté de Washington. "En une seule génération, ils ont presque doublé la production céréalière par rapport aux 11 000 années qui avaient précédé, depuis le début de l'agriculture. Mais maintenant, le ressort est cassé". Outre l'amélioration des rendements, une autre méthode traditionnelle pour doper la production consiste à agrandir la superficie des terres arables. Mais cela n'est plus possible. A mesure que la population s'accroît et que les terres cultivables servent à la construction de routes ou de villes - et s'épuisent en raison de la surexploitation -, la quantité de terres disponible pour chaque habitant de la planète diminue. Elle a chuté de plus de moitié depuis 1950 [de 0,23 à 0,11 hectare par personne]. Pourtant, la production alimentaire permettrait de nourrir correctement tout le monde si elle était bien distribuée. Certes, les habitants des pays riches mangent trop et ceux des pays pauvres pas assez. Mais des quantités énormes de céréales servent également à nourrir les vaches - et les voitures. A mesure que les gens s'enrichissent, ils consomment plus de viande, et les animaux d'abattoir sont souvent nourris au grain. Ainsi, il faut 14 kilos de céréales pour produire 2 kilos de bœuf, et 8kilos de céréales pour 2 kilos de porc. Plus d'un tiers de la récolte mondiale sert ainsi à engraisser les animaux. Les voitures sont devenues un autre sujet de préoccupation, depuis que l'on encourage la production de carburants verts pour combattre le réchauffement climatique. Une "ruée vers le maïs" s'est déclenchée aux Etats-Unis, avec l'utilisation d'une partie de la récolte pour produire un biocarburant, l'éthanol - grâce aux subventions considérables du gouvernement Bush qui voudrait de cette façon contrer les critiques concernant son refus de ratifier le protocole de Kyoto. Un seul plein d'éthanol pour un gros 4 x 4, rappelle Lester Brown, nécessite autant de céréales qu'il en faut pour nourrir une personne pendant une année entière. En 2006, la quantité de maïs américain utilisée pour fabriquer du carburant sera égale à celle vendue à l'étranger. Traditionnellement, les exportations américaines contribuent à nourrir cent pays, pour la plupart pauvres.

Favoriser les pratiques respectant l'environnement
A partir de l'année prochaine, le volume consommé par les automobiles américaines sera supérieur à celui des exportations, et la part disponible pour nourrir les pays pauvres risque bientôt de se réduire. Les usines de production d'éthanol existantes ou en projet dans l'Iowa, la grande région céréalière des Etats-Unis, absorberont pratiquement toute la récolte de cet Etat. Les pauvres affamés seront alors mis en concurrence avec les propriétaires de voitures. Un combat perdu d'avance, si l'on considère qu'ils consacrent déjà 70 % de leurs maigres revenus à la nourriture. Fabriquer des voitures moins gourmandes et manger moins de viande atténuerait le problème, mais la seule solution à long terme est de permettre aux pays pauvres - et particulièrement à leurs populations les plus défavorisées - d'accroître les cultures vivrières. Le meilleur moyen d'y parvenir est d'encourager les petits paysans à privilégier des cultures respectueuses de l'environnement. Les études menées par l'université de l'Essex montrent que cela permet de doubler les rendements. Mais le monde doit prendre conscience de l'urgence de la situation. "Nous sommes au bord du gouffre", met en garde Lester Brown. "L'Histoire juge les dirigeants sur leur capacité à faire face aux grands problèmes. Et pour notre génération, le grand problème risque fort d'être la sécurité alimentaire."

Geoffrey Lean
The Independent on Sunday

J’espère que nous ne connaîtrons pas la même fin que les héros du film…

Les réactions

Par l'AB, le 2006-12-21 13:24:08
Ouaip, tout est dans le titre, tu l'as dit, moi je ne crois plus qu'en la générosité des hommes, pas celle de l'homme. Encore faut-il l'orienter. Qui s'en charge ?

Par mielou, le 2006-12-21 13:51:04
On n'apprend pas à dominer le monde à travers la biologie ou les mathématiques, mais en lisant les poètes, les romanciers, les dramaturges, les essayistes.[Mario Vargas Llosa]

je sais
ça changera pas la fin...

allez
une autre citation pour y réfléchir

La vraie résistance ne consiste pas seulement à manifester symboliquement le week-end, elle consiste à changer efficacement les données du monde[Arundhati Roy]

rassures toi
je ne dis pas ça pour toi le Cri

je dis ça
plutôt pour moi et les autres
tu sais
ceux qui dorment sur leurs deux oreilles...

Par Le Cri de la Carotte, le 2006-12-21 14:07:18
L'AB, qui va se dévouer cette fois-ci? Qui pour une néo-crucifixion-atomique? Où est le Sauveur (pour copier/coller Daniel Balavoine)?
Si l'Humanité a besoin d'un guide, c'est quelle n'est pas encore adulte.
Toi, Moi, Nous sommes les héros de ce (mauvais?) film. Ne gâchons pas la pellicule.

Mielou, je ne suis pas irréprochable. Ce que j'écris à vocation à me convaincre, aussi.

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Vu sur le wiki du site oléocène.org


Les 5 billets précédents

2006-12-15 14:47:50 : Mais, après? ... - 1 photo - 11 réactions

Comment cela va-t-il se passer ?
N’y aura-t-il pas une régression ?
Le progrès sera-t-il au rendez-vous ?
Gagnant ou perdant ?

Toutes ces questions et bien d’autres encore ma taraudent depuis quelques temps.
Ce n’est pas la coupure de 15j, que je vais prendre après une dernière course dimanche, qui me préoccupe.
Non en fait, il s’agit d’énergie et plus particulièrement de pétrole.
Ce liquide miraculeux est, pour moi, l’élément central de notre développement.
Pourtant un jour il faudra s’en passer. Quand ?
A priori, la dernière goutte sera tirée au siècle prochain, utilisée probablement dans un engin militaire.
Mais alors pourquoi, si l’échéance est à 100 ans, se poser autant de questions ?
Parce que d’ici là, la production va baisser, et la demande va augmenter.
Ce qui devrait faire grimper les prix à des niveaux prohibitifs et entraîner des tensions entre pays producteurs et pays consommateurs.
Et là l’échéance est à une échelle beaucoup plus courte. 10, 15, 20 ou 50 ans ?

Si le sujet vous intéresse, aller faire un tour sur ce site http://www.oleocene.org/

2006-11-22 10:07:56 : Du souci à se faire? - 0 photo - 20 réactions

Pour moi? Non, ça va.
Ma course de dimanche, c’est super bien passée.
Un 20 bornes sur route réalisé en un peu plus d’1h32, dans la fourchette haute de mes objectifs et sans aucune douleur aujourd’hui.

Non, non, c’est pas pour moi que je m’inquiète.

Je livre à votre sagacité un article paru dans Science&Vie de novembre 2006 (n°1070).
Je vous en laisse vous-même tirer les conclusions.


« L’appétit pour la viande pèse sur l’environnement »

La consommation de viande dans le monde est passée, en 30 ans, de 99 à 244 millions de tonnes, un vrai danger pour l’environnement selon le rapport « perspectives agricoles » pour 2006-2015 (1), l’ Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) et l’Organisation des Nation Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO).

Après avoir doublé en un quart de siècle, la production mondiale de viande dépasse aujourd’hui les 230 millions de tonnes et continue de grimper, notamment dans les pays en voie de développement, du fait de la croissance démographique et de l’amélioration de certains revenus. Or ce changement de régime pèse sur les ressources agricoles.

« A valeur nutritive égale, produire de la viande requiert plus d’eau que de produire des végétaux, puisqu’il faut d’abord cultiver la nourriture des animaux, explique Pierre Gerber de l’initiative « Elevage, Environnement et Développement » de la FAO (2). De plus, l’élevage peut induire une pollution de l’eau et des sols. Il a aussi un impact sur le réchauffement, du fait de la déforestation, des rejets de méthane par les ruminants et des émissions gazeuses dues aux effluents d’élevage. Ce qui entraîne une perte de biodiversité ».

Il est donc urgent de mettre en œuvres des politiques publiques adaptées.

Quelques chiffres :
- 15m3 d’eau en moyenne sont nécessaire à la production d’1kg de viande de bœuf fraîche. Il en faut 10 fois moins pour 1kg de céréales.
- 80% des émissions agricoles de gaz à effet de serre sont liées à l’élevage. 18% des émissions dues à l’homme sont imputables à l’agriculture.
- 29 kg, c’est la consommation annuelle de viande par habitant dans les pays en développement contre (11kg en 1970). Au nord, elle est de 80kg.

(1) www.oecd.org
(2) www.lead.virtualcenter.org/fr/


Quelques pages plus loin dans le même numéro une déclaration des Fonds des Nations Unies pour l’Enfance :
« Plus d’un million et demi d’enfants de moins de 5 ans meurt chaque année par manque d’eau potable soit 4200 enfants par jour ».

Juste un commentaire quant à la conclusion de l’article.
Je ne pense pas qu’il faille attendre des « politiques publiques adaptées » (d’ailleurs je vois pas très bien ce que ça veut dire).
Chacun est maître de sa vie et de ses choix. Il faut garder à l’esprit qu’un choix induit des conséquences. On est donc responsable des conséquences de ses choix (quand on en a la connaissance).

2006-11-09 11:16:05 : Qu’est-ce qu’on mange à midi ? - 1 photo - 6 réactions

Palak Panir

Kézako ?

Quand je sais pas quoi faire à manger, j’ai une astuce.
J’ouvre un peu au hasard « Recettes Végétariennes de l’Inde » et je laisse mes papilles choisir (enfin ça dépend un peu aussi de ce qu’il y a dans le frigo).

Donc pour midi ça sera « Lasagnes Palak Panir » ou « Lasagnes aux épinards et tofu »
Vous l’aurez deviné les épinards c’est palak et le tofu c’est … je sais pas. En fait normalement le panir est du fromage fait maison. Mais on peut remplacer allègrement par du tofu.

Ce qu’il y a de sympas dans les recettes indiennes, c’est le mélange d’épices.

Préparer le tofu en cubes. N’ayant aucun goût, le faire frire à la poêle avec de la pâte de curry et de la sauce soja.
Faire fondre dans une casserole de la margarine, ajouter les épices, graines de cumin, graines de moutardes, de l’ail pillé et du gingembre.
Quand le mélange bruni, incorporer les épinards avec un peu d’eau et laisser réduire (j’ai utilisé des épinards congelés).
Ajouter les dés de tofu et bien mélanger.
Composer vos couches de lasagnes (autant que la hauteur du plat et de votre appétit vous le permettent) et recouvrer le tout avec une « béchamel » un peu liquide.
Ma « béchamel », c’est de la pâte de sésame et/ou amande diluée dans de l’eau salée et de la farine, fouetter jusqu’à ébullition.

Et hop au four.

2006-11-03 08:20:08 : "Voilà, c'est fini" - 0 photo - 4 réactions

Je suis assez à l’aise sur cette portion montante (mon gabarit de poche sûrement). La 1ière partie, en sous-bois, donne tout de suite le rythme. Un virage très serré à gauche, je sors du bois et j’ai en point de mire un groupe. A cet endroit la pente est moins raide, je ne sais pas si j’accélère, en tout cas je les rattrape et les dépasse assez facilement. Les derniers virages et nous voilà en haut. Beau panorama sur la chaîne des Pyrénées avec le Pic du Midi de Bigorre et son promontoire astronomique. En fait je dit ça de mémoire, je bifurque sur la droite, laissant les montagnes dans mon dos. Ça sent l’écurie. Il reste un peu moins de 6 kms.
Sur les crêtes pendant prés de 2 kms, le bitume laisse la place à un chemin assez large mais par endroit boueux et avec des sillons de tracteurs ou autres engins motorisés. Faut un peu slalomer et bien regarder où mettre ses pieds.
Au départ, j’avais prévu de faire les 10 premiers kms allure semi puis lâcher les chevaux pour la fin. A ce moment là, j’avoue ne plus trop savoir où j’en suis, au passage du 10, le chrono me donne un peu plus de 49’.
J’ai du retard. Sans doute le train au début parti un peu à la bourre.
Comme le point d’arrivée correspond au départ et que nous sommes montés, c’est au tour des descentes de faire leur apparition. J’essaie de me décontracter au maximum en laissant la gravité m’aider. J’ai l’impression d’avoir chaussé des botes de sept lieues. Ça fait du bien même si les cuisses souffrent un peu.
De retour sur le plat, j’essaie de rester dans l’allure. Pas facile quand la pente n’y est plus. Bon, plus que 3 bornes. En plus je vais passer devant la maison, j’aurai peut-être quelques supporters.
Virage à gauche, entrée dans le lotissement, j’arrive dans ma rue et là.
Personne, le désert, pas un chat, nada. Mais qu’est-ce que tu croyais. Je souris en ravalant mon orgueil. Maintenant il faut finir.
De retour dans le village, il reste grosso modo 500m dont 100m en montée. J’accélère, je sens un coureur derrière moi. Les derniers mètres de la côte sont rudes mais après bascule vers la ligne d’arrivée, une cinquantaine de mètres en descente.
Top. Je passe la ligne. C’est fini.
Je reprend tranquillement mon souffle, rend ma puce et me dirige vers les tables de ravitaillement.
Le plein refait, je récupère mon sac à dos. Débriefing rapide, chrono 1h12, puls moy 188, puls max 201 (record battu).
Je remonte vers l’école pour faire mon footing de récup.
J’ai toujours à la fin des courses un sentiment mitigé. Triste et déçu que la fête soit finie mais en même temps heureux et satisfait.
En rentrant, je remet mes souvenirs à leurs places et pense déjà à la prochaine course…



"Voilà, c'est fini" - Jean-Louis AUBERT

2006-11-02 11:00:52 : "Ma liberté" - 0 photo - 3 réactions

Là au milieu des coureurs, j’ai une impression bizarre. Je connais le lieu par cœur, le parcours n’a pas de secret pour moi pourtant, je suis un étranger. Tout le monde à l’air de se connaître et moi, je ne connais plus personne. Je pensais retrouver des copains de classe ou des voisins. Non aucun. Pourtant nous étions quelques uns, lors de la 4ième édition, à avoir pris le départ du semi, comme ça, avec un entraînement approximatif. Mais bon à 17 ans, on peut tout oser. Et puis 2 mois d’été en montagne, à promener des touristes sur des canassons (et moi à pied), ça doit compter un peu pour le foncier. Oui mais, à côté de ça, les fumées bleutées embrument déjà mes poumons et c’est parti pour plusieurs années de dépendance.
Ben quoi ! Je fais ce que je veux , j’suis libre et puis de toute façon, j’arrête quand j’veux.
Ok fais le.
Ouais, ben là, tu vois, j’ai pas envie.
Libre, peut-être, mais en liberté surveillée, avec pointage tous les jours chez le revendeur comme un détenu qui va pointer au commissariat.
Cela fait maintenant 6 ans que je ne filtre plus l’air qui oxygène mon sang. Les murs enfumés de ma prison tabagique se sont évaporés, mon horizon s’est débouché, ma liberté retrouvée. A moi, les grands espaces, cow-boy.
En parlant de grands espaces, pan ! c’est parti. Y a 15 bornes à faire.
Je laisse mes souvenirs sur la ligne de départ, c’est pas le moment de s’encombrer.
Démarrage en côte, pas facile mais c’est le début donc ça roule bien. Tout de suite après une descente, il me faut 3 ou 400 m pour trouver un rythme. Mon objectif est de faire les premiers kilos à une allure semi (enfin ce que je pense être mon allure semi soit 4’45).
Chacun cherche sa position dans ce train où aucune place n’est réservée.
Le premier kilo est atteint en 4’40. Ok dans les temps, par contre côté cardio, c’est l’affolement général, je suis largement au-dessus de 90%FCM. On verra bien, je continue sur ce rythme.
Le deuxième kilo est un poil plus rapide, j’ai accroché un bon wagon.
Je ne vois pas le bout du troisième mille. A enfin le panneau, hein, c’est quoi ce souk, 5’ et quelques. Ca va pas du tout, j’accélère un peu malgré mes puls déjà hautes et boucle le quatrième en 4’. Bon j’ai compris le problème vient pas à priori de mon allure mais du marquage. Pas grave.
Les 5 et 6ièmes sont un peu le ventre mou de ma course, ils sont digérés en 11’. C’est pas assez rapide, j’ai un peu de mal à accélérer. Je ne regarde plus mes puls.
C’est sur le 7ième que la forme revient, je rattrape un coureur et à la faveur d’une légère descente lui dit de prendre ma foulée pour revenir sur un petit groupe à une centaine de mètres devant nous. Un coup d’œil sur le chrono me confirme mes sensations.
Me voilà au pied de la côte, 1500m de montée. J’ai pas d’appréhension particulière. Je la connais bien. Je raccourcis un peu ma foulée et entame son ascension.


"Ma liberté" - Serge Reggiani (paroles Georges Moustaki)

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